Un peu d’histoire ancienne

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Quelques siècles par mots et par Vaux

Hamelinus de Livarco, premier seigneur du lieu, est mentionné au cartulaire de Marmoutier dès 1063. Au Moyen-âge, la seigneurie de Lévaré relevait de la châtellenie de Pontmain à qui elle devait 8 jours de garde en temps de guerre. Chaque année, les vassaux étaient tenus d’apporter au châtelain une botte de paille fraîche destinée à la chapelle du château pendant la nuit de Noël. En 1374, par son union avec Marie de Benoist, Jean des Vaux, déjà seigneur de Champéon, Poulay et Montreuil ajoute à ses titres celui de Lévaré. Il sera le premier d’une longue lignée qui vivra sur ses terres durant plus de quatre siècles.

 

Une puissante famille du Duché de Mayenne

Plusieurs membres de cette famille des Vaux furent des compagnons d’armes d’illustres personnages de l’histoire : Jean des Vaux, capitaine du château de Mayenne, est décrit dans un mémoire de 1423 « noble chevalier de grande lignée, pour sa vaillance, ordonné capitaine du chastel et place de Mayne, résiste vaillamment contre les ennemis et les a fort guerroyés », exerçant son commandement à la tête d’une compagnie de 200 archers et arbalétriers. Ce Jean II des Vaux, si l’on en croit l’abbé Angot, auteur du célèbre Dictionnaire historique et topographique de Mayenne, a suivi Jeanne d’Arc et accompagnait le roi Charles VII pour son sacre à Reims en 1429. A moins qu’il s’agisse d’Olivier, son frère, qui combattit aux côtés de du Guesclin.

Jean III des Vaux quant à lui, lieutenant du Maine, chevalier de l’Ordre du Roi, gentilhomme de la Chambre, suivit François 1er dans ses campagnes d’Italie, et mourut à la bataille de Pavie en 1525.

Jeanne d'Arc

Du Guesclin

 

Jean IV des Vaux : constructeur du château actuel

C’est à lui qu’on attribue l’édification du château et c’est là qu’il vécut, avec son épouse, Charlotte Cornilleau, entre 1530 et 1593. Homme de grande valeur, il s’éleva aux plus hautes fonctions et au premier rang des capitaines de son temps. Nommé par Charles IX, en 1567 gouverneur et lieutenant général des villes et baronnies de Mayenne, Ernée, Pontmain, Lassay, Ambrières, Villaines et Gorron, il reçut les pleins pouvoirs de commander « gens à pied et à cheval contre les rebelles de la religion nouvelle » (Huguenots). A la suite du siège de Lassay où il s’illustra, Charles IX le fit chevalier du Mont Saint Michel en 1571. En 1578, il fut élevé à la dignité de gentilhomme de la Chambre du Roi par Henri III.

En 1590, il se trouvait en Bretagne à la tête d’une compagnie de cent chevaux, sous les ordres du prince des Dombes et recevait mission de tenir la garnison de Quintin, menacée par les Ligueurs.

On peut lire une allusion à ces faits d’arme dans le Guide Bleu (p. 374) consacré aux Pays de Loire, en introduction à la ville de Lassay-les-Châteaux : « Au printemps de 1568, le château tomba aux mains des huguenots normands qui durent l’abandonner à Matignon, gouverneur d’Alençon, le 17 mai 1569. Ces huguenots réapparurent en 1571. Ils furent repoussés par Jean de Vaux, seigneur de Lévaré et gouverneur du Bas-Maine ». Il mourut en 1593.

Henri III

 

Les Chouans

Temps troublés et période révolutionnaire

Héritière de la terre de Lévaré, Honorée Thérèse Olive des Vaux par son mariage avec Jacques Doynel, marquis de Montécot, fait passer le château et son domaine dans cette famille en 1755. Son fils, Charles Alexandre reprend le titre mais préfère s’installer dans son autre château de Boucelles, situé près d’Avranches. Il s’y installe avec son épouse Charlotte Bératte Thibault de la Carte et fait transporter en 1783, les meubles du château de Lévaré ainsi que les archives.

Lors de la Révolution, le marquis de Lévaré perd ses titres et ses privilèges et se lance dans le parti de la Chouannerie. Le château alors inhabité est visité par les patriotes qui emportent le mobilier restant et grattent les armoiries sur les linteaux. De violents combats entre Royalistes et Républicains font rage dans les environs en 1796 et le marquis de Lévaré est dénoncé en 1798 comme chef de bande de Chouans.


 

Une page se tourne…

Sous le nom de Charles Paul Doynel, comte de Montécot, son fils retrouve Lévaré et y décède le 13 mai 1847. Il est enterré au cimetière paroissial. Sa veuve, née de Carli se retire alors à Paris où elle meurt à son tour en 1870 à l’âge de 78 ans. Une autre page de l’histoire du château de Lévaré va s’écrire avec l’arrivée d’une nouvelle famille à partir de 1860. En effet, à cette date, la famille Doisnel de Montecot vend le château à Madame Leray, mère du Duc d’Abrantès.