Les origines

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Il était une fois…

Un château féodal existait à l’emplacement de la demeure actuelle : flanqué de plusieurs tours rondes et crénelées, avec fossés et pont-levis, il était tombé en ruines au XVème siècle (il en subsiste cependant le donjon accolé au château ainsi que les douves en eau). Au milieu du XVIème siècle, Jean des Vaux, gouverneur du Bas-Maine, gentilhomme du roi Charles IX, décida d’édifier un château plus en accord avec son époque et son statut. Ensuite, la terre fut érigée en marquisat sous Louis XIV. La famille des Vaux conserva la propriété en ligne directe jusqu’à la veille de la Révolution française.

Cette illustration donne à voir ce que pouvait être l’ensemble des bâtiments sur sa plate-forme féodale mais elle n’est pas la reproduction du château de Lévaré car les archives ont été en grande partie détruite à la Révolution française. (Cette vue d’artiste est extraite de l’Album des grandes demeures de France paru chez Sélection du Reader’s Digest). On reconnaît cependant ce qui fait la configuration à Lévaré : le corps de logis central, la ceinture des douves en eau, les tours défensives et le pont-levis, ainsi que les écuries en prolongement, qui continuent de faire partie du paysage actuel.

Il n’est qu’à lire la description de la propriété qui était faite en 1720, dans une note au duc de Mazarin, pour s’en rendre compte :

« Château, cours, écuries, enclos de tours et murailles avec pont-levis, douves et fossés pleins d’eau, terrasses qui font la forteresse du château dans lequel enclos est la chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste, au derrière duquel château est un parc enclos de hautes murailles ».

 

De larges possessions et un fief étendu

D’après l’aveu* rendu au Comte du Maine en 1453 par Guillaume des Vaux, le sire de Lévaré devait à son suzerain « huit jours et huit nuits de garde en temps de guerre et pendant ce temps, il devait faire ses dépenses de boire et de manger et coucher selon son état ». A cette époque, les possessions du seigneur de Lévaré comprenaient : maisons, hébergements, chapelle, viviers, courtils, vergers, bois anciens, garennes, haies et fossés, l’étang de la Marcillère, le four à banc de la ville de Lévaré, les moulins d’Ourde et de Mégaudais, les étangs de Furecoq et de la Billette ainsi que domaine du Plessis. Un autre aveu rendu en 1570 au Duc de Guise, prince de Joinville et Duc de Mayenne, nous fait savoir qu’il est tenu à foi et hommage pour sa seigneurie de Lévaré.
*L’aveu est en termes féodal une description exacte de tout ce qui compose le fief et astreint à certaines obligations le vassal envers son suzerain.

 

Armoiries de la Famille de Vaux

Les armes des Vaux sont coupées d’argent et de sable, au lion passant de l’un à l’autre, armé et lampassé d’or.
Elles sont encore visibles sur un linteau à l’intérieur du château, au-dessus de la porte principale du donjon. Masquées par des boiseries au moment de la Révolution, elles n’ont pas été détruites et sont réapparues après l’incendie de l’aile Est survenu en 1956.
Cette importante Maison, qui a donné maints capitaines et chevaliers au service de la France (compagnons d’armes de Du Guesclin, Jeanne d’Arc, François 1er) eut de nombreuses propriétés dans le Maine et en Anjou. La branche des Vaux de Lévaré s’est éteinte après la mort d’Olive des Vaux en 1769 à l’âge de 71 ans. Par son mariage avec le marquis Jacques Doynel de Montécot, la terre passa ainsi dans la famille Montécot et y resta jusqu’à la mort du Comte Charles Alexandre Doynel de Montécot en 1847.