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Un château aux Marches de Bretagne

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Aux marches de Bretagne

Sur la route du Mont Saint-Michel, le château de Lévaré se situe au cœur du Bocage Mayennais, au nord-est de la Mayenne, près des départements de l’Ile-et-Vilaine, de la Manche et de l’Orne. Il est au carrefour de 3 régions : Pays-de-Loire, Bretagne et Basse-Normandie. Il se trouve à 24 km de Fougères, 30 km de Mayenne, 47 km de Laval et 75 km de Rennes.

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Environnement

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Aux confins de la Mayenne

Le château de Lévaré se trouve au bout d’une allée de 500 m qui mène au centre du bourg. Le village compte aujourd’hui un peu plus de 300 habitants. Il est traversé par la D33 qui conduit de Gorron à Fougères.
Si l’on en croit l’Abbé Angot dans son Dictionnaire historique (Tome II), la culture du froment était importante et il y avait 110 feux en 1789, pas moins de 848 habitants en 1803 et 668 en 1898. Comme le reste du département, l’exode rurale a entrainé le dépeuplement qui semble désormais stoppé.  L’environnement est paisible, c’est celui du bocage mayennais, vallonné et parsemé de petits ruisseaux, dont le bassin de la Colmont. Contrairement au sud de la Mayenne, où le tuffeau est fréquemment employé, c’est le granit qui prévaut ici, matériau de base qui a servi à la construction du château.

 

Une description détaillée des biens et des domaines

En 1720, René Gilbert des Vaux, dans un compte-rendu au Duc de Mazarin, énumère et détaille ses possessions :

« Château, cours, écuries, enclos de tours et murailles avec pont-levis, douves et fossés pleins d’eau, terrasses qui font la forteresse du château dans lequel enclos est la chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste, au derrière duquel château est un parc enclos de hautes murailles y compris le bâtiment nommé la Grande Maison qui sert de cabaret et a pour enseigne « Le cheval blanc », avec salles et écuries, un jardin sur la grande rue du bourg, une porte en haut de l’avenue ou mail conduit du château à la ville de Lévaré ».

L’avenue dont il est fait mention était plantée de bouleaux qui furent vendus en 1745. Il y en avait 70 pieds. L’acte de vente spécifie cette avenue (celle par laquelle les visiteurs arrivent aujourd’hui) et la distingue d’une autre qui conduisait au chemin de Gorron (allée actuelle vers le pont-levis) qu’il désigne sous le nom d’ancienne allée et qui aboutissait plus haut à un chemin qui reliait le Domaine à la Hercendière.

 

Bons baisers de Lévaré…

Au hasard de nos recherches, nous avons trouvé une vieille carte postale qui montre une vue du château de Lévaré, tel qu’il se présentait au début du siècle dernier. Cette carte est intéressante à plus d’un titre puisque, outre la vue de la façade, elle nous renseigne sur l’état de la propriété.
Cette carte est datée du 20 janvier 1910, elle est adressée à Monsieur et Madame Félix Caron et signée de François Ragot, dont nous n’avons pas pu encore identifier le lien précis avec Lévaré (visiblement, c’est un artisan qui évoque un chantier entrepris 35 ans auparavant, soit autour des années 1875, ce qui correspond à la période où la famille Leray a fait réaliser des travaux de restauration du château).

« Je vous remercie de votre carte de bonne année. Je vous en souhaite une bonne et heureuse, aussi une bonne santé. Je vous envoie le château de Levaré. Il y a 35 ans que j’ai démoli la vieille charpente et refaite à neuf les deux bouts sont pareils. On ne voit pas le perron qui est à la porte au milieu, le mur qu’on voit devant est une douve qui en faisait le tour dans un temps et la route qui est beaucoup en dessous cela fait qu’il n’est pas commode à tirer depuis le pied. Il y avait un pont levis à chaque bout cette pelouse ainsi que le bois qui l’entoure à 100m sur chaque face. Il y a une chapelle et des jolies écuries dans cette enceinte. Il a une très belle vue en face. Il y a une prairie qui contient 5000 hectares, un étang dedans. Il y en avait deux dans ma jeunesse. Ils en ont détruit un.
Bien le bonjour à tous les deux. Votre dévoué ami »


Notre homme a de bons souvenirs des lieux et son émotion est intacte bien qu’il soit sans doute déjà âgé. C’est un témoignage précieux, parmi ceux que nous aimons conserver car ils donnent à voir et à sentir la propriété ainsi que l’attachement de ceux qui y ont vécu.

Vue du château de Lévaré au début du siècle - 1900

 

Ce que l’on voit sur le site

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Description des lieux

Le château est situé dans son enceinte du XVIème siècle, encore entourée sur trois côtés par des douves en eau, larges de 14 m, alimentées par un ruisseau dont la source se trouve à l’entrée du village.

L’enceinte forme un quadrilatère de 140 m par 72 m et avait une tour aux quatre angles, dont deux subsistent, l’une face au château, l’autre à l’extrémité des écuries. Une troisième tour s’est effondrée après la deuxième guerre mondiale, du fait de son manque d’entretien. Une quatrième a été rasée au niveau du parapet, formant une jolie terrasse donnant sur les douves. Enfin, une tour située derrière la chapelle, pourrait être un reste de l’ancien castel ainsi que la pièce attenante faisant partie des écuries du XVIIème siècle. Un peu plus loin, au centre du mur d’appui des écuries, qui s’adossent sur le quatrième côté des douves, à présent comblées, une bretèche laisse supposer qu’une tour intermédiaire pouvait se trouver là.

 

Les écuries, particulièrement imposantes à Lévaré, forment un ensemble de plus de 80 m de long et sont agrémentées, dans la toiture, de 14 ouvertures rondes appelées occuli. Elles datent des XVIIème et XVIIIème siècles et plusieurs dates l’attestent, 1675 et 1740, chiffres que l’on retrouve sur les linteaux des lucarnes. Les écuries pouvaient abriter, par privilège royal, jusqu’à 99 chevaux.

 

Le pont-levis donnait accès à la plateforme, face au logis principal. Il a été déplacé au XVIIIème siècle (la date de 1727 est gravée sur son tablier) et il forme aujourd’hui un portail de pierre avec un pont fixe et des garde-corps en ferronnerie, qui permet de franchir les douves par le côté Est.

 

Le corps du logis est à deux étages, construit à partir de 1531, orienté au Sud, encadré par deux pavillons à trois étages, flanqués aux angles Ouest et Est de deux tourelles en encorbellement, couronnées à l’époque par une coupole de pierre qui n’existe plus. Le pavillon Est accolé au donjon du XIVème siècle a été détruit par un incendie en 1956.

 

La chapelle, reconstruite en 1733, en remplace une antérieure. Elle a une abside à trois pans et un haut plafond en voûte, habillé de panneaux de bois peints en bleu, comme c’était souvent le cas car il s’agissait de charpentiers de marine.