Histoire

Les origines

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Il était une fois…

Un château féodal existait à l’emplacement de la demeure actuelle : flanqué de plusieurs tours rondes et crénelées, avec fossés et pont-levis, il était tombé en ruines au XVème siècle (il en subsiste cependant le donjon accolé au château ainsi que les douves en eau). Au milieu du XVIème siècle, Jean des Vaux, gouverneur du Bas-Maine, gentilhomme du roi Charles IX, décida d’édifier un château plus en accord avec son époque et son statut. Ensuite, la terre fut érigée en marquisat sous Louis XIV. La famille des Vaux conserva la propriété en ligne directe jusqu’à la veille de la Révolution française.

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Histoire contemporaine

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La dernière grande famille au château de Lévaré : les Abrantès

C’est par son union avec la descendante du général Junot que Maurice Leray (1846-1900) reprit le titre de Duc d’Abrantès. En effet, il épousa Jeanne Joséphine Marguerite Junot (1847-1934) à Paris le 16 septembre 1869. Celle-ci était la petite-fille du célèbre général, assez fougueux dans sa jeunesse pour être surnommé « la Tempête » mais qui hélas finit dans la folie en 1813. Jean Andoche Junot avait été titré Duc d’Abrantès par Napoléon 1er en 1808, du nom d’une ville au Portugal où il avait été envoyé pour diriger les troupes. Son fils, Alfred Junot (1810-1859) fut lieutenant-colonel et c’est donc sa fille en se mariant avec Maurice Leray qui transmet le titre de duc d’Abrantès à son époux.

 

De 1860 à 1949 : le château retrouve son lustre d’antan

Possédant déjà le château du Bailleul à Gorron, la famille Leray se porte alors acquéreur du château de Lévaré. D’importants travaux de restauration sont entrepris, notamment grâce à la fortune de la femme de Maurice Leray, désormais 4ème duc d’Abrantès. Ils ont trois fils, Andoche (1871-1954), Alfred (1873-1920) et Michel (1880-1949).

« A son entrée en jouissance, le nouvel acquéreur eut d’importants travaux de réparation à faire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour remettre en bon état la vieille demeure seigneuriale, négligée depuis plusieurs décennies. La Révolution l’avait dévastée et, pour effacer jusqu’au souvenir de ses anciens possesseurs, avait fait gratter et disparaître du fronton de la porte d’entrée, leurs armoiries gravées dans la pierre. Le comte de Montécot qui l’habita après la Révolution et y mourut en 1847 ne fit que le strict nécessaire.

En conséquence, Monsieur Le Ray, voulant lui rendre son antique splendeur, fit remonter le fronton au milieu de la façade et construire la tourelle en encorbellement qui s’élève au sud-ouest et complète ainsi l’œuvre des siècles passés. »

L’aîné, cinquième et dernier à porter le titre de duc d’Abrantès, fut lieutenant-colonel et maire de Lévaré durant la Première Guerre mondiale. Il épousa en 1899, Nicole de Maigret (1878-1957), fille d’un riche négociant en champagne d’Epernay. Ils eurent 7 filles dont la dernière s’est éteinte en 2003. La famille vécut ici des jours heureux (excepté la période de la Seconde guerre mondiale) et tandis qu’une préceptrice à demeure, Mademoiselle Fafin, s’occupait de l’éducation des filles du duc, un personnel nombreux s’activait sur le domaine qui comprenait 7 fermes et des centaines d’hectares.

Trois générations de cette famille se sont ainsi succédées au château de Lévaré, de 1860 jusqu’au départ du duc et de la duchesse d’Abrantès pour Saint-Cloud en 1949.

Vue du château de Lévaré dans les années 30. Si  le parc n’avait pas la configuration actuelle, le magnifique tilleul en est toujours le fier témoin.

 

De 1950 à 2010 : le château dans la tourmente en quête de paix

Richement décoré du temps des Abrantès, notamment des souvenirs de Napoléon et de Junot, il ne reste plus rien du billard, du piano à queue, des tentures et du mobilier… Tout est parti en fumée ou a été balayé par le vent tournant de l’histoire.
A partir de cette date, le château connaîtra bien des avanies, de l’incendie en 1956, aux conséquences désastreuses puisque le propriétaire de l’époque laissa le bâtiment à l’abandon, jusqu’au saccage de la chapelle. Un indigne successeur des Abrantès et une décennie de blessures dont le château faillit ne pas se relever. Heureusement, une main bienfaitrice se tendit, celle de Madame Geneviève Milan qui, dès les années 80 entreprit un début de sauvetage d’autant plus salutaire que le château menaçait de ruine.
Depuis 2001, nous inscrivant dans ses pas et ceux d’une histoire pluriséculaire, nous avons tenté de redonner vie au château en l’habitant à nouveau, ce qui n’était pas arrivé depuis un demi-siècle.

 

2006 : le classement ISMH du château et de ses dépendances

Le château, ses jardins, sa chapelle, ses douves, son pont-levis et les différents bâtiments ont été classés ISMH en 2006, lui assurant ainsi un périmètre de protection.
L’année précédente, en 2005, le 28 juillet, nous avions eu le plaisir d’accueillir le festival des Nuits de la Mayenne pour un spectacle intitulé « Les vacances de Monsieur Pillon », où plus de 350 personnes étaient venues assister à la représentation en soirée, sous le feuillage protecteur de l’immense tilleul et avec en arrière-plan le donjon. Depuis, d’autres manifestations artistiques ou équestres ont eu pour cadre le château de Lévaré, sans oublier le rendez-vous annuel des Journées du Patrimoine.

 

Ceux qui seront là en 2063…

Pourront fêter le millénaire de sa fondation puisque le Chartrier de Marmoutier rapporte qu’en 1063 un seigneur, Hamelinus Livaricus, habitait déjà sur place. Nous verrons d’ici là de lui consacrer un hommage par une exposition.
 

Un peu d’histoire ancienne

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Quelques siècles par mots et par Vaux

Hamelinus de Livarco, premier seigneur du lieu, est mentionné au cartulaire de Marmoutier dès 1063. Au Moyen-âge, la seigneurie de Lévaré relevait de la châtellenie de Pontmain à qui elle devait 8 jours de garde en temps de guerre. Chaque année, les vassaux étaient tenus d’apporter au châtelain une botte de paille fraîche destinée à la chapelle du château pendant la nuit de Noël. En 1374, par son union avec Marie de Benoist, Jean des Vaux, déjà seigneur de Champéon, Poulay et Montreuil ajoute à ses titres celui de Lévaré. Il sera le premier d’une longue lignée qui vivra sur ses terres durant plus de quatre siècles.

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Chronologie historique

Des Vaux aux Abrantès : 2 familles en 5 siècles d’histoire

  • 1374 : par son mariage avec Marie de Benoist, héritière des terres de Lévaré, Jean des Vaux, Seigneur de Champéon, établit sa résidence à Lévaré.

  • 1424 : Olivier des Vaux, écuyer sous les ordres de Bertrand Du Guesclin, connétable de France. Son frère, André des Vaux, écuyer aussi combat sous la bannière de Jeanne d’Arc en 1429 à Orléans.
  • 1461 : Samson des Vaux s’oppose aux seigneurs de Goué, Mégaudais, Chambresson, mariés à ses sœurs, pour le titre de seigneur des Vaux et obtient gain de cause.
  • 1518 : Jean des Vaux, troisième, gentilhomme de la Chambre, lieutenant au Maine part combattre aux côtés de François 1er. Il est tué lors de la bataille de Pavie.
  • 1541 : son fils, Jean, quatrième, épouse Charlotte de Cornilleau. Il va, par ses qualités, s’élever au plus haut rang et parmi les capitaines de son temps. Il est nommé par Charles IX en 1567, gouverneur et lieutenant général des villes et baronnies de Mayenne, Ernée, Pontmain, Lassay, Ambrières, Villaines et Gorron. Après le siège de Lassay où il combat les huguenots, en 1571, il est fait chevalier du Mont Saint-Michel puis en 1578 élevé à la dignité de gentilhomme de la Chambre du Roi Henri III. Il est mort en 1593. On lui attribue la construction du château.
  • 1598 : César des Vaux, son fils, devient à son tour chevalier de l’ordre du roi. Il meurt en 1627 à l’âge de 72 ans et il est enterré à l’église de Lévaré. Sa femme qui lui survécut acheta en 1630 Mégaudais, L’Almois et l’Epinotière.
  • 1627 : Jean, son fils, prend le titre de baron de Lévaré, il est premier lieutenant de la Grande Vénerie de France. C’est à lui qu’on doit l’extension des écuries et l’importance qu’elles prirent dès lors. Il accueillit le cardinal Mazarin en visite sur ses terres du duché de Mayenne.
  • 1669 : Jean-Baptiste des Vaux, son fils, prend le titre de marquis et devient à son tour lieutenant de la Grande Vénerie de France. Il épouse Suzanne de Mayenne. Il jouissait d’une fortune considérable au point d’être cité par Colbert (30 000 livres de rente annuelle). Il meurt à Paris en 1684 et il est inhumé dans l’église des Grands Augustins.
  • 1702 : Jacques François des Vaux, marquis de Lévaré, leur fils, est tué à Mayenne dans des circonstances non connues. Autre mystère, en 1687 un homme âgé de 27 ans fut trouvé mort dans la tour de la rivière. Son corps avait été déposé au château secrètement. La police enquêta et procéda à des recherches ce qui laisse supposer que la justice fonctionnait chez les seigneurs comme chez les manants.
  • 1754 : Pierre Honoré des Vaux, son fils meurt subitement, à 20 ans, d’une maladie contagieuse et l’épidémie cause le décès de soixante-dix personnes.
  • 1755 : Olive des Vaux, sa sœur hérite du titre et épouse le marquis de Montécot. Elle meurt en 1769 à 71 ans et c’est l’un de ses fils, Charles Alexandre qui reprend la seigneurie de Lévaré. Celui-ci ne goûtant guère Lévaré, s’installe dans son autre château de Boucelles, près d’Avranches. Il y fait transporter meubles et archives de Lévaré en 1783 (ce sont celles qui se trouvent aux Archives départementales).
  • 1796 : le comte de Montécot enlève un poste Républicain à la tête d’une troupe de Chouans. Il est ensuite dénoncé comme chef de bande et poursuivi.
  • 1847 : le 13 mai, son fils, Charles Paul Doynel, comte de Montécot s’éteint à Lévaré où il avait élu résidence. Il est enterré dans le cimetière paroissial. Sa veuve, née Carli, se retire à Paris où elle meurt en 1870. Craignant ses excentricités, ses héritiers vendent le domaine à Madame Le Ray qui s’en porte acquéreur en 1860.
  • 1869 : Maurice Leray (1846-1900) épouse la petite-fille du général Junot, et prend ce fait le titre de duc d’Abrantès
    (titre d’Empire octroyé par Napoléon 1er au général Junot en souvenir de sa victoire au Portugal) .
  • 1917 : Andoche Leray, duc d’Abrantès (1871-1954) fils de Maurice, maire de Lévaré, fait don à la paroisse des vêtements liturgiques offerts par Mazarin, en souvenir de son passage au château.
  • 1927 : Le duc d’Abrantès fait don de la fontaine de Cassepot à la commune de Lévaré, avec obligation de conserver le ruisseau qui sert à alimenter les douves du château.
  • 1940 : occupation du château par la Feldkommandatur. Le gendre du duc d’Abrantès, le capitaine Héliot (époux de sa fille, Rose Escande 1914-2003), membre de la Résistance est arrêté sur le perron du château et mourra en 1945 des suites de sa captivité.
  • 1949 : vente du domaine et départ de la famille d’Abrantès.

Depuis 1950 : 4 nouveaux propriétaires, un de trop !

  • 1950 : vente du château à M. et Mme Lemonnier.
  • 1956 : incendie dans l’aile Est par défaut de ramonage. M. Lemonnier, non content de laisser le bâtiment se détériorer, n’utilise pas l’argent de l’assurance pour sa reconstruction et dépouille la propriété (vente d’une rangée d’arbres de l’allée, arrachage de toute la tuyauterie qui alimentait en eau le verger et le potager, destruction des stalles dans les écuries, pillage de la chapelle).
  • 1964 : M. Plazanet rachète ce qu’il reste du château et répare les toitures des communs.
  • 1979 : après vingt-cinq ans d’un régime de semi-abandon, la propriété n’a plus fière allure. Madame Geneviève Milan, devient la troisième propriétaire de l’après-guerre. Elle effectue une campagne de travaux de consolidation du donjon et de réfection des toitures dont celle de la tour des douves.
  • 2001 : nouvelle odyssée de Lévaré. Acquisition de la propriété par Françoise et Henri-Jean Anglade-Bosc.  Aménagements intérieur et restauration.
  • 2006 : Classement du château, de l’allée, de la chapelle et de l’ensemble des communs ISMH, inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.